Comme à l’époque de la Fontaine, les contes sont, encore de nos jours, un formidable moyen d’édification mutuelle sur les travers des hommes. Le monde que nous présente Adèle Caby-Livannah dans La Ronde des Petits Rusés, son dernier livre, illustre bien la société des hommes, où les uns cherchent toujours à tirer profit des autres, à les spolier même de leur bien. On passe son temps à envier ce que les autres possèdent, à obstruer leur chemin au lieu de tracer son propre chemin.

 

LaRonde des Petits rusés couv

 

Dans l’album La Ronde des Petits Rusés, le lecteur est en droit de se demander, à la fin de la lecture des deux contes qui composent l’album : « Le Lièvre et la Panthère », ainsi que « Le Crapaud et le Lézard », s’il n’est pas préférable de garder pour soi ses projets, s’il ne faut pas les mener tout seul. En effet si, poussé par votre esprit de générosité, vous partagez avec les autres ce que vous avez trouvé, vous n’êtes pas certain que ces derniers réagissent avec la même bonté de cœur. Au contraire l’ingratitude et la méchanceté sont souvent la monnaie dont on paie les bienfaits.

 

La jalousie, la calomnie, la cupidité et la méchanceté qui abondent en ce bas monde endurcissent les cœurs au point que la ruse devient le moyen par lequel, souvent, chacun essaie de tirer son épingle du jeu. Mais gare à celui qui se fait prendre, car à malin, malin et demi ! L’un tend un piège à l’autre, qui lui-même essaiera de faire porter le chapeau de la machination dont il est victime à un autre. Ainsi va la ronde des petits rusés !

 

Adèle Caby-Livannah, La Ronde des Petits Rusés, Illustrations de Nathalie Huguet, La Doxa Editions , Collection La Flèche, mars 2015, 46 pages, 12 €.